Sol souverain

Collaborateurs : Connors, Andrew | Curtis, David | Snelgrove, Teri | Vercruysse, Shirley | Jackleg Films Inc. (whitehorse) | Office national du film du Canada

Au fin fond de la forêt boréale canadienne, à l’extérieur de la petite ville subarctique de Dawson, au Yukon, une poignée d’improbables cultivateurs s’entête à faire pousser tout et n’importe quoi, des choux de Bruxelles couverts de neige aux pommes. Ces fermiers des temps modernes ont su aménager, au cœur d’une étendue sauvage hostile et isolée, de petites parcelles de terre fertile devenues leur gagne-pain et leur vie. L’espace d’une année, le cinéaste de Dawson David Curtis suit ces modestes et tenaces agriculteurs, dont un jeune Autochtone, un immigrant allemand, une jeune famille qui entaille des bouleaux pour en recueillir le sirop et une matriarche capable d’abattre un orignal et de le tailler en quartiers. Le quotidien simple, mais non moins riche de ces gens profondément attachés à cette nature l’amène à se pencher sur la vie, la mort et le temps. Sol souverain est un hymne à la beauté de ces terres lointaines et inhospitalières, ainsi qu’à la sagesse de ceux et celles qui ont choisi d’y élire domicile.


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WaaPaKe (Demain)

Le documentaire éminemment personnel WaaPaKe (Demain) de Jules Arita Koostachin, Ph. D. soulève une question difficile : «Qui sommes-nous sans notre douleur?» Au fil des générations, la souffrance des survivantes et survivants des pensionnats a irradié et entraîné des conséquences sur les familles et les communautés autochtones. Enfants, parents et grands-parents ont lutté contre ce traumatisme innommé dont témoignent les effets persistants du colonialisme : dépendance, violence morale et relations rompues. Désireuse d'aider les enfants des survivantes et survivants, y compris elle-même et sa famille, la réalisatrice prend la délicate décision de passer devant la caméra et de participer au cercle de vérité. Des membres de sa famille ainsi que de nombreuses voix venues de communautés autochtones à travers l'île de la Tortue se joignent à elle pour accomplir cet acte de solidarité courageux. Chaque parcours est singulier, mais en partageant les expériences vécues, on explore des moyens de créer un espace, d'apaiser le sentiment de chaos et d'ouvrir de nouvelles pistes vers l'avenir. La réalisatrice recourt à une gamme de techniques cinématographiques novatrices - collage, paysages sonores, décoration scénique - afin d'illustrer non seulement les remous intérieurs complexes et profonds, mais les niveaux multiples des histoires racontées, enracinées dans la terre elle-même. Lorsqu'une personne apprend à manifester activement son amour et à rompre le cycle de la maltraitance, ses manières d'être autochtones et sa créativité s'expriment - que ce soit par le cinéma, la poésie ou l'apprentissage des méthodes de chasse ancestrales - et elles jouent un rôle énorme. Dépassant la nécessité d'enterrer le traumatisme intergénérationnel, WaaPaKe (Demain) nous invite à défaire les nœuds du silence et à évoluer ensemble vers la liberté et la force collectives.

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